Photographie ♦ Portofolios

Mercredi 4 avril 2012

Pendant très longtemps, j'ai fait des tas de photos qui, d'un point de vue esthétique, n'avaient généralement que très peu d'intérêts. J'avais toujours une caméra à portée de main, mais jamais d'objectifs artistiques. Je ne me questionnais pas sur les raisons qui me poussaient à faire de simples clichés. Passée la période d'apprentissage des rudiments techniques, la photographie était rapidement devenue une sorte d'agréable passe-temps. En dehors de ça, l'accumulation d'images n'avait alors qu'un seul but : l'étayage de ma mémoire, le support de mes souvenirs. J'utilisais ma camera comme le font la plupart des gens, sauf que je ne limitais pas mes prises de vues aux moments des vacances, des mariages ou des baptêmes. Je faisais de mauvaises photos tout au long de l'année, quelque soit la saison. Puis, j'ai compris assez récemment qu'à travers la photographie, ma perception du réel pouvait se modifier, s'affiner, se renforcer, se transformer.

Dans notre environnement quotidien, immédiat, de larges pans de notre vision sont brouillés et échappent à notre regard. Parce que composés de motifs, d'objets, de matériaux, ou même de végétaux, aux formes a priori quelconques, les mondes inertes ou presque, qui s'exposent à nous sans la volonté de se faire remarquer, nous semblent communément tout à fait ordinaires. Resserrés par un cadrage photographique, captés sous un angle particulier avec une luminosité propice, ces pans de réalités deviennent alors bien plus visibles. Une photo peut parfois révéler, une beauté presque secrète, incongrue, dissimulée sur la scène où se répète invariablement notre existence quotidienne. J'ai fini par deviner que la photographie pouvait servir de filtre, une sorte de filtre magique qui dissipe le brouillard opaque répandu sur le morne paysage où divaguent nos regards usés, fatigués par la routine de la vie, particulièrement en milieu urbain. Sachant ce que l'objectif devait capter, mon oeil s'est exercé à voir ce que le passant pressé, craintif, préoccupé a peu de chances de remarquer. C'est ainsi que la photographie est devenue une source de satisfactions redoublées par le travail des images digitales à l'aide de Photoshop.

J'estime aujourd'hui que mes photographies sont bien souvent meilleures que celles exposées sur le Web par des photographes patentés. Je ne perds pourtant pas de vue que certains photographes accomplissent un travail artistique largement supérieur au mien. Ce qui ne peut que me réjouir, car cela signifie qu'il me reste une bonne marge de progression. Je pense pouvoir encore m'améliorer. En explorant l'univers qui m'est proche, l'environnement immédiat, j'essaye surtout de découvrir par le biais de la photographie de nouveaux points de vue sur le monde.